Climatiseur sans unité extérieure en copropriété
C'est l'espoir de tous ceux dont la copropriété a refusé. Un appareil sans bloc extérieur, donc sans autorisation. La première partie est vraie, la seconde est fausse.
Ce que le mot cache
Un climatiseur dit « sans unité extérieure », ou monobloc mural, réunit tous les organes dans un seul boîtier posé à l'intérieur.
Mais la thermodynamique ne se négocie pas. Pour refroidir une pièce, il faut évacuer la chaleur ailleurs. Sans bloc extérieur, cette évacuation se fait par deux grilles percées dans le mur de façade, l'une pour l'admission, l'autre pour le rejet.
Ces grilles mesurent une quinzaine de centimètres et sont visibles depuis l'extérieur.
Pourquoi l'autorisation reste nécessaire
L'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 soumet à l'autorisation de l'assemblée générale les travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble.
Deux grilles percées dans une façade cochent les deux cases. Elles traversent le gros œuvre, qui est une partie commune, et elles se voient.
De même, l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme impose une déclaration préalable dès que l'aspect extérieur d'un bâtiment est modifié. Un percement de façade entre dans ce champ.
Le monobloc ne dispense donc de rien. Il déplace le problème esthétique, il ne le supprime pas.
Il reste malgré tout un bon argument en assemblée
Ce constat ne condamne pas le monobloc, il le remet à sa place.
Face à une copropriété réticente, deux grilles discrètes sont beaucoup plus faciles à faire accepter qu'un bloc de soixante centimètres accroché en façade. En abords de monument historique, c'est parfois la seule configuration que l'Architecte des Bâtiments de France acceptera.
Présenté comme un compromis, avec un photomontage montrant deux grilles peintes au ton de la façade, un monobloc passe là où un split échoue.
Ce qu'il vaut techniquement
Il faut être honnête sur les contreparties, parce que personne ne vous les dira au moment de la vente.
Le compresseur est dans la pièce. C'est la différence la plus sensible au quotidien : comptez 40 à 50 dB(A) à l'intérieur, contre 20 à 25 pour l'unité murale d'un split. Dans une chambre, c'est perceptible.
Le rendement est inférieur. Un monobloc plafonne autour d'un SEER de 5 à 6, quand un bon split dépasse 8. La facture d'électricité s'en ressent.
La puissance est limitée, généralement entre 2 et 3,5 kW. Cela convient à une pièce de vingt à trente mètres carrés, guère plus. Dans un dernier étage sous toiture plein ouest, ce sera insuffisant en août.
Une seule pièce. Il ne se raccorde à rien : chaque pièce à traiter demande son propre appareil, avec son propre percement.
Le vrai sans-autorisation : le climatiseur mobile
Un appareil sur roulettes, dont la gaine sort par une fenêtre entrouverte, ne modifie rien et ne nécessite aucune autorisation. C'est la seule solution réellement libre.
Ses limites sont connues : la fenêtre entrouverte laisse entrer l'air chaud, le rendement réel est médiocre, et le bruit dans la pièce est important. Pour quelques nuits de canicule dans une chambre, il rend service. Pour un été entier dans un séjour, il déçoit.
Ce que nous en pensons
Le monobloc est un bon outil mal vendu. Présenté comme une manière d'échapper à la copropriété, il crée des déceptions et parfois des contentieux. Présenté comme un compromis esthétique argumenté devant une assemblée, il permet à des projets d'aboutir.
Si votre copropriété est réticente ou si vous êtes en secteur protégé, c'est une piste sérieuse. Si on vous le vend en vous disant que vous n'avez rien à demander, changez d'interlocuteur.
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